Les tuniques bleues, albums 35 et 36: des hommes peu recommandables

Les tuniques bleues, albums 35 et 36: des hommes peu recommandables
Captain Nepel (1993):
Résumé: <<Un nouveau capitaine vient d'arriver à fort bow. Ce dernier, raciste, chasse tous les Indiens du fort, le [blanchisseur chinois] et le cuisinier de couleur noire. Furieux, les peaux rouges déclarent la guerre.>> (site les tuniques bleues)

Mon commentaire: Je vous avoue que j'ai un petit faible pour cet album, mais c'est surtout pour son aspect "retour aux sources". En effet, la mission confiée à Blutch et Chesterfield se déroule là où ils ont fait leurs premières armes: fort bow. Graphiquement, les personnages ont gagné en esthétique: Bryan et Tripps ne sont plus aussi moches qu'avant. Bryan fait bien plus homme qu'à ses débuts. On les prend, lui et Tripps, davantage au sérieux.
Bon, parlons du scénario. 'Y a encore de l'idée: Blutch et Chesterfield escortent un officier chargé d'assurer l'intérim du colonel Appeltown, malade. Ce capitaine se révèle être raciste et vire tous les personnages de couleurs de passage ou totalement intégrés au fort. Le rôle de nos deux amis sera notamment de convaincre une vieille connaissance, Plume d'Argent, de ne pas monter sa tribu d'origine contre fort bow. Un seul homme est responsable de tout ça, mais ce sont des dizaines d'autres hommes qui risquent de s'affronter.
Le hic, c'est que, passé cela, l'histoire manque d'intensité. Mise à part une page de bagarre générale, il n'y a rien de réellement prenant. De plus, on voit apparaître une caractéristique scénaristique de Cauvin qui se révèlera rarement dynamisante pour le récit: de longues suites d'images de dialogues et/ou d'explications. Certes, il est parfois nécessaire que les personnages expliquent, mais ça pourrait sans doute se faire plus vite!
En bref, ce n'est pas un mauvais album, mais il aurait sans doute gagné à être plus énergique.
Et la date? Après l'aventure précédente, donc fin mars-début avril 1864.

Quantrill (1994):
Résumé: <<Une nouvelle ville s'est fait piller par le tristement célèbre William Clark Quantrill, un ancien instituteur originaire de l'Ohio, qui n'a jamais caché ses sentiments pro-esclavagistes. Blutch et Chesterfield sont de nouveau désignés "volontaires". [...] Une mission très délicate!>> (site les tuniques bleues)
Mon commentaire: Ca fait partie des albums que j'aime le moins. Mais, parmi ces albums-là, ce doit un de ceux que j'aime le plus. Vous me suivez?
Déjà, un point qui est inquiétant quand on découvre un des vingt derniers albums des tuniques bleues, c'est que nos héros sont hors des champs de bataille (Chesterfield a même troqué son uniforme contre des habits civils). L'idée de base n'est pas mal: ils doivent filer la redoutable bande de Quantrill, ce de deux manières différentes et complémentaires: Chesterfield intègre la bande (non sans mal) et Blutch la suit discrètement, les deux devant se rejoindre régulièrement et en cachette pour élaborer la suite. Il y a donc à nouveau quelques longues scènes de discussion, mais elles passent plutôt bien.
Par contre, Cauvin s'est permis quelques facilités, ce qui est assez regrettable: d'abord, lorsque Chesterfield s'évade de prison avec Jesse James, il fait bien entendu croire à son compagnon de cellule que seule la chance les a aidés à s'enfuir (alors que non: Blutch, le gardien de la prison, est de mèche). Cela, malgré quelques doutes, Jesse James le croit... et ça nous paraît trop simple, surtout après le cinéma que Blutch fait au moment où Chesterfield lui tire dessus (enfin, juste à côté). On pourrait évidemment se dire que Cauvin a voulu s'amuser à exagérer des situations improbables et que c'est ça qui est drôle. Mais, ce genre d'improbabilités aurait été mieux dans une autre bande dessinée. Là, ça jure un peu! Autre bizarrerie: Quantrill accepte d'intégrer Chesterfield dans sa bande, mais ne le supporte pas... et ça ne s'arrangera pas. On se demande alors pourquoi il le garde si longtemps parmi les siens.
Par contre, cet album contient l'un de mes gags préférés des tuniques bleues: Chesterfield, tombé à l'eau, s'étonne d'y voir un roseau se balader verticalement. Intrigué, il le détache de la surface de l'eau et... voit Blutch surgir d'un coup après avoir bu une bonne tasse: le caporal se servait du roseau pour respirer dans l'eau. L'image où il sort de l'eau est tordante! Lambil, à travers son dessin, parvient à bien nous faire deviner ce que subit Blutch à cet instant.
Je tiens, pour finir, à prévenir ceux qui ont lu les albums de Lucky Luke et notamment celui intitulé Jesse James: on croise ce Robin des Bois du far-west et son frère Francis à la fois dans cet album et dans celui des tuniques bleues que je suis en train de vous commenter. Le dessinateur de Lucky Luke et celui des tuniques bleues n'étant pas les mêmes, les frères James n'ont pas la même tête d'une série à l'autre! Alors, attendez-vous à ce que ça vous fasse bizarre ou même à ce que vous soyez déçus: Francis et Jesse sont beaucoup plus sérieux (notamment dans la manière dont ils sont dessinés) que chez Lucky Luke.
Et la date? Eh bien, il y a un petit problème! Les tous premiers mots de l'album situent l'action le 21 août 1863, jour où Quantrill a réellement fait ce que l'on voit dans les premières pages. Mais, il faut bien situer cette aventure après la précédente et, comme mi-avril 1864, Quantrill vit et sévit toujours (J'ai eu chaud: un mois avant, il était en prison!), on peut dire que le pillage du village de Lawrence qui ouvre l'album a été réitéré et que cette avanture peut être datée ainsi. Oui, je sais, je suis un peu compliqué!

image à gauche: © 1993, Dupuis
image à droite: © 1994, Dupuis
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# Posté le jeudi 02 juillet 2009 17:57
Modifié le dimanche 05 juillet 2009 06:11

Une chanson par an: 1947-1949

Une chanson par an: 1947-1949
Il y a deux ans, pour l'anniversaire d'un oncle (soixante ans), j'ai eu l'envie de faire un montage vidéo présentant des extraits de chansons ayant rencontré le succès en France. J'ai choisi une chanson par année, en tentant de varier les genres le plus possible. Ayant commencé à réaliser ce montage en 2007, si vous avez bien suivi, je l'ai donc fait débuter par l'année 1947.
Pour chaque chanson, je vous expliquerai les raisons de mon choix et je donnerai, quand je pourrai, quelques autres chansons qui auraient pu être sélectionnées.

1947
Maladie d'amour, par Henri Salvador.
Je ne me souviens pas précisément des raisons qui ont motivé mon choix pour cette chanson. Il me semble que l'idée de faire un montage avec un succès par an vient du constat qu'Henri Salvador en était déjà à soixante ans de carrière en solo (carrière à laquelle il a d'ailleurs mis un terme cette année-là, peu de temps avant de mourir). Je savais que son premier disque (un soixante-dix-huit tours deux titres) contenait maladie d'amour. Il m'a semblé alors évident de débuter mon montage par cette chanson-là. Par contre, je n'ai pas trouvé de vidéo de l'époque, alors j'ai mis des images un peu plus "récentes" pour illustrer cette chanson-là.
Je me dois de préciser qu'apparemment ce disque ne serait sorti qu'en 1948. Plusieurs sources parlent de 1947 et une seule, mais plutôt fiable, dit 1948. Pour cette fois (et cette fois seulement), je vais faire fi de ce doute et garder 1947.

1948
A Paris, par Yves Montand.
Là, l'explication est assez facile à donner: de tête, je ne voyais pas de succès en 1948. J'ai donc cherché sur internet et il me semble bien que c'est la seule réponse que j'aie trouvée. Connaissant la chanson et la renommée de ce chanteur-danseur-acteur, je n'ai pas hésité à faire figurer ce morceau dans mon montage.

1949
La tactique du gendarme, par Bourvil.
Là aussi, l'explication est assez facile à donner: de tête, je ne voyais pas de succès en 1949. J'ai donc cherché sur internet et j'ai trouvé quelques réponses. Cette chanson de Bourvil me paraissait le meilleur choix, car je savais l'acteur très connu déjà à cette époque-là, cette chanson connue aussi et j'y voyais également le moyen de diversifier un peu le contenu de mon montage. Eh oui, pourquoi pas une chanson rigolote?
Autre possibilité pour 1949: ma cabane au Canada de Line Renaud.

image à gauche: © 2001, Milan/B.M.G. France
image au milieu: © 1948, odéon
image à droite: © 1949, odéon
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# Posté le mardi 23 juin 2009 16:56
Modifié le dimanche 05 juillet 2009 06:12

La vie de Coluche

28 octobre 1944: naissance
Michel Colucci voit le jour, à Paris.
Ses parents s'appellent Honoré Colucci, peintre en bâtiment, et Simone Bouyer, fleuriste.
Il a une soeur: Danièle.

1947: mort d'Honoré
Le père de Michel meurt. Simone, dite Monette, élévera alors seule ses deux enfants, son salaire parvenant tout juste à subvenir à leurs besoins.

juin 1958: fin de scolarité
Michel passe son certificat d'études. Toute sa vie, il affirmera à tort l'avoir raté. Toujours est-il que ses études s'arrêteront là.

8 janvier 1964: départ pour le service militaire
Michel est incorporé en Lons-le-Saunier, afin d'effectuer son service militaire.

25 mai 1965: retour à la vie civile
Michel est renvoyé chez sa mère, pour indiscipline, jugé comme un <<élément médiocre>>.

1966: musique en groupe
Après avoir chanté seul dans des cabarets parisiens des chansons de Georges Brassens, Boby Lapointe et Boris Vian, entre autres, Michel crée le groupe les tournesols avec France et Alain Pellet. Ensemble, pendant deux années, ils interpréteront des chansons inspirées de la musique médiévale.

1968: construction du café de la gare
Près de la gare montparnasse, Michel et toute une bande de copains (parmi lesquels Romain Bouteille, Patrick Dewaere, Martin Lamotte et Miou-Miou) retappent une ancienne fabrique de ventilateurs. Ils comptent en faire un café-théâtre.

12 juin 1969: premier spectacle (en groupe)
Avec ses copains du café-théâtre, Michel inaugure ce qu'ils ont nommé le café de la gare. Ce soir-là, a lieu leur première répresentation: une série de sketches intitulée allume: j'étouffe!. C'est à cette époque-là que Michel Colucci prendra pour nom de scène Coluche, surnom donné par sa copine d'alors, Miou-Miou.

novembre 1971: nouveau groupe
Viré du café de la gare, Coluche a fondé une nouvelle troupe avec d'autres copains (dont Xavier Thibault et Véronique Kantor): au vrai chic parisien (qui deviendra ensuite le vrai chic parisien). Ce soir-là, a lieu leur première représentation: une série de sketches intitulée Thérèse est triste.

1972: naissance de son premier fils
Véronique Kantor donne naissance au premier enfant de Coluche: Romain.

mars 1973: première partie à l'olympia (en groupe)
Dick Rivers programme le vrai chic parisien, jouant leur comédie musicale intitulée Ginette Lacaze 1960, en première partie de ses concerts à l'olympia.

19 mai 1974: diffusion de son premier sketch en solo
En ce soir d'élection présidentielle, pour combler l'attente due au retard de François Mitterrand, devant prononcer un discours suite à sa défaite, l'O.R.T.F. programme Coluche. Il y joue le premier sketch de son premier spectacle en solitaire: c'est l'histoire d'un mec... sur l'pont d'l'alma. Le succès arrive.

été 1975: disque d'or
Lors de son deuxième spectacle, Coluche a pastiché une ancienne émission de télévision de Guy Lux. Ce sketch sort en quarante-cinq tours et se vend ainsi à plus d'un million d'exemplaire. Il s'intitule le schmilblick.

27 octobre 1976: sortie du film avec Louis de Funès
Quelques jours après la naissance de son second fils, Marius, Coluche voit sortir en salles le film l'aile ou la cuisse, dans lequel il tient la vedette aux côtés de Louis de Funès.

19 octobre 1977: sortie de sa première réalisation cinématographique
Coluche voit sortir en salles le premier film qu'il a lui-même réalisé (et dans lequel il joue): vous n'aurez pas l'Alsace et la Lorraine!.

28 avril 1978: début de sa première émission de radio
Avec Robert Willar et Gérard Lanvin, Coluche entame une émission de radio quotidienne, on n'est pas là pour se faire engueuler!, sur Europe 1. Il sera viré pour sa provocation un peu plus d'un an après.

octobre 1979: début de sa dernière tournée
Coluche entame son nouveau spectacle pour dix-huit mois, dont plusieurs au théâtre du gymnase. Ce sera un triomphe, mais également sa dernière tournée avant longtemps (voire "plus").

26 octobre 1980: annonce de sa candidature à la présidentielle
Lors d'une interview télé en direct de sa loge du gymnase, Coluche annonce qu'il se présentera à l'élection présidentielle de l'année à venir.

7 avril 1981: abandon de candidature
Après sa grande tournée, en passe de divorce et sous le choc du meurtre de son régisseur, Coluche annonce qu'il se retire de l'élection présidentielle.

1982: déprime
Son divorce prononcé à la fin de l'année précédente, Coluche se retire en Guadeloupe. Il sombre dans la dépression, mêlant drogue et alcool. Deux de ses amis, l'acteur Patrice Dewaere et le dessinateur Jean-Marc Reiser, meurent (le premier par suicide). Coluche participe à l'émission télé de Michel Polack où il se fait rudement critiqué. Malgré tout, il tente de poursuivre une carrière en tournant dans quelques films.

21 décembre 1983: sortie d'un film marquant
Ce jour-là, sort en salles un film qui vaudra à Coluche d'être reconnu comme un véritable acteur: tchao, pantin!. L'humoriste y joue le rôle d'un pompiste dépressif.

3 mars 1984: césar du meilleur acteur
Ce soir-là, Coluche reçoit le seul césar de toute sa carrière: celui du meilleur acteur pour son rôle dans tchao, pantin!. Il paraît avoir meilleur moral, ce qui se confirmera au fil de l'année.

21 décembre 1985: ouverture du premier restaurant du coeur
Après avoir lancé un appel sur Europe 1 le 26 septembre, Coluche ouvre le premier de ses restaurants du coeur. Il fera connaître l'association en animant une émission sur T.F.1 tout un après-midi du mois suivant, ainsi qu'en demandant à Jean-Jacques Goldman de créer un véritable hymne.

19 juin 1986: décès
Près d'Opio, où il prépare un nouveau spectacle, Coluche meurt dans un accident de moto, entrant en collision avec un camion.

sources: le site wikipedia et le site Coluche
vidéo: © 1974, D.R.
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# Posté le mardi 16 juin 2009 16:59
Modifié le vendredi 19 juin 2009 17:29

Les tuniques bleues, album 34: l'enfance de Blutch

Les tuniques bleues, album 34: l'enfance de Blutch
Vertes années (1992):
Résumé: <<Blutch [...] a de nouveau déserté et se trouve poursuivi par Chesterfield. [Il] se fait finalement prendre et, trop éloignés du camp, [lui et Chesterfield] se reposent dans une ville où ils rencontrent un curieux personnage. C'est le père adoptif de Blutch.>> (site les tuniques bleues)
Mon commentaire: Lui aussi, il est à part! Mais, cette fois, ce n'est pas que mon sentiment; je pense que c'est celui de tout le monde (et des auteurs aussi, j'imagine). Il est à part dans le sens où nos héros ne font quasiment rien et, surtout, dans le sens où c'est un grand flash-back. Oui, c'est ça: comme blue retro!... On note une différence, quand même: blue retro n'était constitué que du flash-back, tandis que vertes années présente deux époques (celle racontée par un personnage et celle, période "noramel" de nos héros, où l'on voit cette personne raconter). En outre, ce flash-back remonte à plus loin dans le temps que l'album 18: il nous est narré l'enfance de Blutch.
C'est un des rares albums où l'on pardonne tout de suite Cauvin (le scénariste) d'écarter nos héros de leur rôle premier de soldats. Raconter ce qu'était Blutch avant d'être barman (voir l'album 18) se révèle très intéressant. Et c'est vrai, finalement, qu'on pouvait se demander pourquoi ce personnage n'a pas un nom constitué d'un prénom et d'un patronyme, alors que son sergent préféré en a un... comme tout le monde, en fait!
Je suppose que Cauvin, quand il a créé Blutch vingt-quatre ans plus tôt, n'avait pas songé à donner une explication à ce choix de nom. Là, il lui a donc fallu en trouver une! Je ne vous la dévoile pas, mais je peux vous dire qu'elle est mignonne.
A travers cette histoire, on comprend un peu mieux pourquoi Blutch n'a jamais aimé l'armée. Et là, Cauvin n'a pas fait l'erreur de faire vivre à Blutch enfant un drame personnel mettant en cause des militaires. C'eut été trop facile! La vraie raison est plus subtile et c'est très bien, ça rend le scénario plus travaillé et plus intéressant. Evidemment, ça rend le personnage de Blutch attachant; mais, ça, 'y en avait-il besoin? Je suppose que, pour nombre de lecteurs, c'est notre caporal qui est préféré aux autres personnages de la série! Au sein de l'histoire, ça a au moins le mérite de rendre le sergent Chesterfield beaucoup plus compréhensif vis-à-vis de son déserteur favori. Et ça donne d'ailleurs des petites situations drôles qui permettent de marquer de courtes pauses dans le récit du docteur Harding.
Pardon?... Ah! Le docteur Harding? Eh bien, c'est lui, justement, l'homme qui a permis malgré tout à Blutch de s'en sortir et de grandir mieux que ce qui était "prévu" au départ.
Pour relier ces souvenirs de l'enfance de Blutch au reste de son oeuvre, Cauvin a la bonne idée de faire terminer le récit du docteur Harding par une référence à blue retro. La boucle est bouclée, peut-on dire.
Seul petit hic de scénario: On ne sait pas pourquoi, à la fin, Blutch retourne sur les champs de bataille, alors qu'il avait réussi son énième désertion!
Au niveau du dessin, ça suit son évolution. Reportez à ce que j'ai dit la dernière fois: c'est à peu près ça. Pour les couleurs, c'est mieux qu'à l'album précédent, mais c'est encore un peu laid.
Et la date? Pour ce qui est de celle du flash-back, j'ai mis avril 1823 pour le début (les tout premiers jours de Blutch) et juillet 1845 pour la fin (c'est-à-dire quelques temps après l'enrôlement de Blutch). Pour ce que est de celle du temps "présent", c'est après l'aventure précédente, donc début mars 1864.

image: © 1992, Dupuis
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# Posté le jeudi 11 juin 2009 17:12

Chanter ses propres chansons aux enfoirés

Chanter ses propres chansons aux enfoirés
Jeudi dernier, on m'a posé une question à propos des enfoirés à laquelle je n'ai pas pu répondre automatiquement, mais à laquelle j'ai promis de réfléchir. Et je me suis dit que ça pourrait faire l'objet d'un message sur mon blog! Vous êtes contents, hein?

Voici donc la question: en vingt ans, combien de fois les artistes ont-ils eu l'occasion d'interpréter leurs propres chansons aux concerts des enfoirés? La question est intéressante, puisque ce n'est justement pas le but de ces concerts, mais ça arrive (et ça s'est beaucoup fait au début).

Pour répondre à cette question, il va falloir se limiter. En 1989 et depuis 2000, il y a plusieurs concerts par an, mais un seul (ou le mélange de deux) est capté et enregistré. Or, dans les concerts non-enregistrées, il y a quelques différences, notamment de cette ordre-là: par exemple, en 2006, lors des premiers concerts à Lyon, il manquait quelques artistes par rapport aux soirs filmés, ce qui a conduit Jean-Jacques Goldman a interpréter sa chanson encore un matin, en attendant que l'artiste prévu pour ce morceau-là arrive. On ne va donc pas compter ces interprétations-là, car au final, sur les C.D. et D.V.D. (ou cassettes vidéos), elles n'y figurent pas.
Je ne tiens également pas compte des participations instrumentales d'un artiste sur sa propre chanson. Par exemple, en 2007, Raphaël a joué de la guitare sur et dans cent cinquante ans, mais n'y a pas chanté. Je ne le compte donc pas. Pareil pour les participations en tant que choriste (Il faut au moins une phrase où l'artiste chante seul pour que j'en tienne compte).
Pour finir, je précise que je ne tiens compte que des interprétations par le créateur de la chanson (c'est-à-dire le premier interprète) et non l'auteur et/ou le compositeur (sauf si l'artiste cumule les trois fonctions). Jean-Jacques Goldman chantant ton fils, ça ne marche donc pas.
Allons-y donc pour la liste!

1989:
1) peur de rien blues par Jean-Jacques Goldman (seul)
2) rouge par Michel Sardou (seul)
3) elle en aura besoin plus tard par Michel Sardou (seul)
4) sur la route de Memphis par Eddy Mitchell (en duo)
5) à crédit et en stéréo par Eddy Mitchell (seul)
6) couleur menthe à l'eau par Eddy Mitchell (seul)
7) lèche-bottes blues par Eddy Mitchell (seul)
8) le cimetière des éléphants par Eddy Mitchell (en duo)
9) Allah par Véronique Sanson (seule)
10) je te donne par Jean-Jacques Goldman et Michael Jones (en trio)
11) on m'attend là-bas par Véronique Sanson (seule)
12) toute la musique que j'aime par Johnny Hallyday (en duo)
13) mirador par Johnny Hallyday (seul)
14) le bon temps du rock'n'roll par Johnny Hallyday (en duo)
15) je t'attends par Johnny Hallyday (avec tout le monde)
16) la chanson des restos par Jean-Jacques Goldman (avec tout le monde)

1992:
17) né en 17 à Leidenstadt par Fredericks Goldman Jones (seuls)
18) pas toi par Jean-Jacques Goldman (avec son groupe)
19) une dernière semaine à New-York par Patricia Kaas (seule)
20) un dernier blues par Patricia Kaas (seule)
21) un, deux, trois par Fredericks Goldman Jones (en quatuor)
22) la ballade nord-irlandaise par Renaud (seul)
23) dans ton sac par Renaud (seul)
24) putain de camion par Renaud (seul)
25) la pêche à la ligne par Renaud (en duo)
26) petite Marie par Francis Cabrel (seul)
27) va pas t'flinguer, bonhomme! par Patrick Sébastien (seul)
28) regarde les riches! par Patricia Kaas (en quatuor)
29) je te donne par Jean-Jacques Goldman et Michael Jones (avec leur groupe)

1993:
30) only the very best par Peter Kingsbery (seul)
31) les adieux d'un sex-symbol par Diane Dufresne (seule)

1994:
32) la chanson des restos par Jean-Jacques Goldman (avec tout le monde)
33) Ella, elle l'a! par France Gall (en duo)
34) di doo dah par Jane Birkin (en duo)
35) foule sentimentale par Alain Souchon (en trio)
36) hier encore par Charles Aznavour (en duo)
37) là-bas par Jean-Jacques Goldman (en duo)
38) sur la route de Memphis par Eddy Mitchell (en duo)
39) tu dois tenir ma main! par Jean-Louis Aubert (en duo)
40) alors, regarde! par Patrick Bruel (en trio)
41) un autre monde par Jean-Louis Aubert (avec tout le monde)

1995:
42) dix ans, ça suffit! par Patrick Bruel (en duo)
43) l'Italien par Serge Reggiani (en duo)
44) alors, raconte! par Gilbert Bécaud (en duo)
45) je n'aurai pas le temps! par Michel Fugain (en duo)

1996:
46) la corrida par Francis Cabrel (seul)
47) pour que tu m'aimes encore par Céline Dion (seule)
48) foule sentimentale par Alain Souchon (seul)
49) décidément par Maurane (seule)
50) femmes, je vous aime! par Julien Clerc (seul)
51) l'amour existe encore par Céline Dion (seule)
52) la ballade de Johnny Jane par Jane Birkin (en duo)
53) Melissa par Julien Clerc (en duo)
54) kolé séré par Philippe Lavil et Jocelyne Béroard (seuls)
55) les filles électriques par Alain Souchon (en duo)
56) laissons entrer le soleil! par Julien Clerc (avec tout le monde)

1997:
57) chanson sur ma drôle de vie par Véronique Sanson (en duo)
58) allo, Maman, bobo! par Alain Souchon (en duo)
59) l'envie par Johnny Hallyday (en quatuor)
60) tandem par Vanessa Paradis (en duo)
61) la ballade de Zacco et Vanzetti par Nana Mouskouri (seule)
62) j'ai rêvé New-York par Yves Simon (en trio)
63) colore par les innocents (seuls)

1998:
64) excuse-moi, partenaire! par Johnny Hallyday (en duo)
65) la dame de Haute-Savoie par Francis Cabrel (en duo)
66) requiem pour un fou par Johnny Hallyday (en duo)
67) vous permettez, Monsieur? par Adamo (en "septet")
68) né ici par Doc Gynéco (en trio)

1999:
69) emmenez-moi par Charles Aznavour (avec tout le monde)
70) la bohème par Charles Aznavour (en duo)
71) dis-lui, toi, que je t'aime! par Vanessa Paradis (en duo)

2002:
72) le pouvoir des fleurs par Laurent Voulzy (avec tout le monde)

2005:
73) vois sur ton chemin par Jean-Baptiste Maunier (seul)

2006:
74) si j'étais elle par Julien Clerc (en quintet)

2007:
75) la voix des sages (No more fighting!) par Yannick Noah (en quintet)

2008:
76) j'm'attendais pas à toi! par Patrick Bruel (en "sixtet")
77) je l'aime à mourir par Francis Cabrel (en "octet")

2009:
78) marre de cette nana-là par Patrick Bruel (en trio)

La réponse est donc la suivante: à soixante-dix-huit reprises, dans l'histoire des enfoirés, un artiste a eu à interpréter seul au moins une phrase d'une de ses propres chansons.

Quelques statistiques?
Le trio de tête est formé de:
- en troisième position, Eddy Mitchell (avec six chansons)
- en deuxième position, Johnny Hallyday (avec sept chansons)
- en première position, Jean-Jacques Goldman (avec neuf chansons).
Mais, c'est pas très équitable! Johnny n'est venu que trois années aux enfoirés, tandis que Goldman fera sa vingtième l'an prochain.
En comparant le nombre de chansons par rapport au nombre de passages, le trio est formé de:
- en troisième position, Charles Aznavour (avec une chanson et demi par passage)
- en deuxième position, Eddy Mitchell (avec deux chansons par passage)
- en première position, Johnny Hallyday (avec deux chansons un tiers par passage).


source: le site officiel des enfoirés
image: © 2004, les restaurants du coeur
# Posté le dimanche 24 mai 2009 16:52