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Les tuniques bleues, album 34: l'enfance de Blutch

Les tuniques bleues, album 34: l'enfance de Blutch
Vertes années (1992):
Résumé: <<Blutch [...] a de nouveau déserté et se trouve poursuivi par Chesterfield. [Il] se fait finalement prendre et, trop éloignés du camp, [lui et Chesterfield] se reposent dans une ville où ils rencontrent un curieux personnage. C'est le père adoptif de Blutch.>> (site les tuniques bleues)
Mon commentaire: Lui aussi, il est à part! Mais, cette fois, ce n'est pas que mon sentiment; je pense que c'est celui de tout le monde (et des auteurs aussi, j'imagine). Il est à part dans le sens où nos héros ne font quasiment rien et, surtout, dans le sens où c'est un grand flash-back. Oui, c'est ça: comme blue retro!... On note une différence, quand même: blue retro n'était constitué que du flash-back, tandis que vertes années présente deux époques (celle racontée par un personnage et celle, période "noramel" de nos héros, où l'on voit cette personne raconter). En outre, ce flash-back remonte à plus loin dans le temps que l'album 18: il nous est narré l'enfance de Blutch.
C'est un des rares albums où l'on pardonne tout de suite Cauvin (le scénariste) d'écarter nos héros de leur rôle premier de soldats. Raconter ce qu'était Blutch avant d'être barman (voir l'album 18) se révèle très intéressant. Et c'est vrai, finalement, qu'on pouvait se demander pourquoi ce personnage n'a pas un nom constitué d'un prénom et d'un patronyme, alors que son sergent préféré en a un... comme tout le monde, en fait!
Je suppose que Cauvin, quand il a créé Blutch vingt-quatre ans plus tôt, n'avait pas songé à donner une explication à ce choix de nom. Là, il lui a donc fallu en trouver une! Je ne vous la dévoile pas, mais je peux vous dire qu'elle est mignonne.
A travers cette histoire, on comprend un peu mieux pourquoi Blutch n'a jamais aimé l'armée. Et là, Cauvin n'a pas fait l'erreur de faire vivre à Blutch enfant un drame personnel mettant en cause des militaires. C'eut été trop facile! La vraie raison est plus subtile et c'est très bien, ça rend le scénario plus travaillé et plus intéressant. Evidemment, ça rend le personnage de Blutch attachant; mais, ça, 'y en avait-il besoin? Je suppose que, pour nombre de lecteurs, c'est notre caporal qui est préféré aux autres personnages de la série! Au sein de l'histoire, ça a au moins le mérite de rendre le sergent Chesterfield beaucoup plus compréhensif vis-à-vis de son déserteur favori. Et ça donne d'ailleurs des petites situations drôles qui permettent de marquer de courtes pauses dans le récit du docteur Harding.
Pardon?... Ah! Le docteur Harding? Eh bien, c'est lui, justement, l'homme qui a permis malgré tout à Blutch de s'en sortir et de grandir mieux que ce qui était "prévu" au départ.
Pour relier ces souvenirs de l'enfance de Blutch au reste de son oeuvre, Cauvin a la bonne idée de faire terminer le récit du docteur Harding par une référence à blue retro. La boucle est bouclée, peut-on dire.
Seul petit hic de scénario: On ne sait pas pourquoi, à la fin, Blutch retourne sur les champs de bataille, alors qu'il avait réussi son énième désertion!
Au niveau du dessin, ça suit son évolution. Reportez à ce que j'ai dit la dernière fois: c'est à peu près ça. Pour les couleurs, c'est mieux qu'à l'album précédent, mais c'est encore un peu laid.
Et la date? Pour ce qui est de celle du flash-back, j'ai mis avril 1823 pour le début (les tout premiers jours de Blutch) et juillet 1845 pour la fin (c'est-à-dire quelques temps après l'enrôlement de Blutch). Pour ce que est de celle du temps "présent", c'est après l'aventure précédente, donc début mars 1864.

image: © 1992, Dupuis
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# Posté le jeudi 11 juin 2009 17:12

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