Bull run (1987):Résumé: <<Une nouvelle recrue parle à haute voix de la bataille de bull run, grande erreur que Blutch va réparer en lui racontant l'histoire ironique de cette sanglante bataille.>> (site
les tuniques bleues)
Mon commentaire: Eh oui, encore un bon album! Et celui-ci est particulier! Cauvin (le scénariste) s'inspire d'un fait bien réel: la seconde bataille de bull run. Quand je dis <<s'inspire>>, c'est uniquement parce que je ne trouve pas de verbe plus fort, car cette bataille est carrément le sujet de l'album (jusqu'à en constituer le titre).
Le tour de force du scénariste, c'est de narrer à la fois une bataille telle qu'elle s'est réellement déroulée et les actions des personnages fictifs que sont Blutch, Chesterfield et leurs comparses, sans que la réalité ne soit modifiée. On rencontre donc sans problème nos héros imaginaires et le général Lee (bien réel). Au niveau du dessin aussi, il n'y a rien de perturbant à voir un Abraham Lincoln représenté fidèlement (sans caricature graphique) et un Chesterfield à tête et nez ronds.
En tous cas, le fait de s'appuyer sur une vraie bataille à issue tragique (surtout du côté des troupes du Nord, donc de nos deux héros: défaite sanglante et presque totale, les sudistes ayant été à deux doigts d'atteindre Washington) en fait un album plus sérieux. Mais, Cauvin montre à nouveau qu'il sait mêler deux atmosphères normalement opposées: l'humour est bel et bien présent, sans tourner en dérision la réelle tragédie de bull run.
Lambil semble y répondre, au niveau du dessin. Le trait plus "sérieux", plus "nerveux", présent depuis environ deux albums, garde cet aspect tout en s'adoucissant: le graphisme lisse et humoristique semble revenir un peu, sans pour autant retourner à son aspect d'avant.Il évolue, quoi! En tous cas, Lambil dira plus tard préférer son dessin de l'époque de
bull run (C'est l'album qu'il cite) à celui de maintenant.
Et la date? Le début et la fin de l'album se déroulent après l'aventure précédente, le reste est constitué de souvenirs de Blutch: essentiellement les trois jours de bull run (du 28 au 30 août 1862), mais aussi, le temps de quelques cases, le jour de son engagement (narré plus longuement dans l'album 18) et les deux mois suivant bull run.
Je date donc ça
de fin mai 1845 à début novembre 1863.
Les bleus de la balle (1988):Résumé: <<Chesterfield vient de remettre la main sur un groupe de déserteurs dont Blutch fait partie. Le général décide de les faire fusiller à titre d'exemple. Mais, Chesterfield, qui se sent alors responsable, trouve une idée pour les sortir de là: puisque le moral des troupes est au plus bas, il décide d'organiser un programme théâtral, puis du chant, mais sans succès.>> (site
les tuniques bleues)
Mon commentaire: Je crois savoir que cet album n'est, en moyenne, pas très apprécié. En ce qui me concerne, bien que l'ayant connu plus tard que les autres albums de la même époque (donc, pas d'effet de nostalgie dans mon appréciation), je trouve cet album bon. Mais, il est tout à fait probable qu'il m'aurait moins plu s'il faisait partie des dix derniers albums en date! Ca paraît idiot, mais je crois que le fait qu'il soit entouré d'albums très bons rend plus indulgent que s'il est le énième parmi une suite d'albums pas terribles.
Malgré tout, je vois ce qui peut ne pas plaire, dans ce scénario. Ici, Blutch et le sergent ne jouent quasiment pas leur rôle de soldat. Quand ils ne jouent pas la comédie (au sens propre), ils partent sur les routes pour trouver un artiste (et, accessoirement, apprendre à danser)! Ce qui gène, donc, c'est que ces péripéties n'ont pas grand-chose à voir avec le cadre général de la série: la guerre de sécession. A la limite, cette aventure aurait pu quasiment servir pour d'autres héros de B.D.. Peut-être que Cauvin a lui-même remarqué que, les tuniques bleues sans combat, c'est triste, car tous les personnages de l'album n'en attendent que la fin. Les soldats redeviennent d'ailleurs soldats (jusqu'à l'habillement, passant de quasi-guenilles à uniformes correctement portés) à la fin de l'album, lorsque les sudistes attaquent.
Malgré ce scénario déroutant, je trouve que l'humour (bien présent, ici) nous fait comprendre qu'on est bel et bien dans une aventure des tuniques bleues. Je ne sais pas trop comment vous l'expliquer, mais j'ai cette impression-là.
Quant à Lambil, le retour au dessin plutôt lisse semble se confirmer. Les personnages ont à la fois l'air plus rigolos qu'aux albums 25 à 27 et quand même plus sérieux, plus adultes (Le sergent est plus impressionnant) qu'avant l'album 25.
Et la date? Après l'aventure précédente, sachant que le général Alexander, présent dans l'album 27, dit au début de l'album 28 s'être absenté un mois.
Je date ça
de début à mi-décembre 1863.
source: le site wikipedia
image de gauche: © 1987, Dupuis
image de droite: © 1988, Dupuis